La Saillie : un acte majeur en élevage
C’est l’acte le plus important de la vie d’un élevage, car de cette saillie résulteront d’une part d’éventuels « progrès » de la lignée, d’autre part la naissance de chatons qui constituent la principale source de revenus dans une activité structurellement déficitaire.
C’est aussi un acte « à risques » par suite du contact d’un mâle et d’une femelle, avec mise en commun de leurs virus respectifs, car tout chat en bonne santé doit être considéré comme un porteur sain de virus.
Aperçu de “droit coutumier”
S’il n’existe pas de contrat‑type pour une saillie, il existe cependant des habitudes et des coutumes qu’il importe de connaître.
Tout d’abord, la saillie donne lieu à rétribution, dont le montant est déterminé par l’éleveur propriétaire du mâle en fonction de sa notoriété et des qualités ou titres de son chat.
Cette rétribution peut se faire, à la convenance de chacun :
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soit en numéraire,
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soit par un chaton (dit « de retour de saillie »), qui peut être choisi par le propriétaire du mâle lui‑même.
Il importe, dans tous les cas, de fixer :
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l’âge auquel le chaton sera choisi,
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son sexe,
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sa couleur.
La saillie se fait le plus souvent au domicile du mâle, qui sera plus à l’aise dans son environnement habituel.
Obligations du propriétaire du mâle
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Il doit faire en sorte qu’aucun autre mâle que le mâle choisi n’ait accès à la femelle.
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Il doit constater la réalité de l’accouplement.
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Il doit assurer l’hébergement, la sécurité et la nourriture de la chatte, dont il assume la pleine et entière responsabilité pendant la durée prévue de son séjour chez lui (maximum 5 jours). Au‑delà, la chatte peut être considérée comme abandonnée.
Il doit pouvoir fournir :
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un certificat de bonne santé de son mâle, établi par son vétérinaire habituel,
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les résultats récents (moins de 6 semaines) des tests FIV – FeLV, et éventuellement PIF (sous réserve de sa délicate interprétation).
Il doit s’assurer que son mâle n’est pas porteur de vices rédhibitoires (ex. : nœud à la queue, cryptorchidie…) ni de parasites.
Il doit fournir :
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le 2ᵉ volet du certificat de saillie sur l’imprimé fourni par la Fédération,
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ainsi qu’une copie du pedigree du mâle.
Obligations du propriétaire de la femelle
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Il doit assurer les frais de transport de la chatte chez le mâle (ou inversement du mâle chez la femelle, bien que ce déplacement soit peu conseillé).
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Il doit fournir un certificat de bonne santé et de non‑parasitose, établi par son vétérinaire habituel, ainsi que les résultats récents des tests FIV – FeLV et éventuellement PIF.
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Il doit prendre en charge les frais vétérinaires et/ou de dédommagement suite aux éventuelles blessures subies par le mâle de la part de la femelle.
Tout cela est en fait bien complexe, et il peut être prudent de rédiger un contrat écrit, en double exemplaire, signé par chacune des parties. Cet aspect est certes contraignant, mais peut éviter bien des conflits.
Il ne faut pas oublier le cas où la saillie est blanche et la chatte non pleine. Cette constatation ne peut se faire que plus de 5 semaines après la saillie, par :
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des signes objectifs : gonflement et rosissement des tétines,
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ou des signes physiques (échographie), attestés par un vétérinaire.
Dans ce cas, le propriétaire de la chatte a droit à une deuxième saillie gratuite. Cette faculté doit être mentionnée dans le contrat.
L’accouplement
Il doit se faire dans un lieu où le mâle se sente en confiance : il doit donc connaître ce lieu, l’avoir suffisamment exploré. Cela demande normalement au moins quelques jours, souvent quelques semaines, d’où la nécessité d’amener la femelle au mâle.
Il est conseillé d’introduire la femelle dans ce lieu à l’intérieur d’une cage, pour permettre aux deux chats de faire connaissance sans possibilité de bagarres. Cet état intermédiaire permet d’estimer le comportement de chaque chat.
Dès que l’on estime que la cohabitation semble possible, on libère la femelle de sa cage.
Habituellement :
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Le mâle suit la femelle.
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Rencontre face à face, puis oro‑génitale.
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Si la femelle traduit son consentement, le mâle la saillit :
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il monte sur elle,
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la saisit par le cou,
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commence la séquence copulatoire (environ 2 minutes, dont 15 secondes pour intromission, éjaculation, retrait).
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À ce moment, la femelle crie et se retourne vivement contre le mâle, qui se met hors de sa portée.
La femelle se roule alors par terre, puis fait sa toilette, ainsi que le mâle.
Cinq à quinze minutes plus tard, un deuxième épisode peut survenir. Il peut y avoir jusqu’à 5 intromissions pour 9 montes en une heure.
L’ovulation
L’ovulation se produit chez la femelle dans l’heure qui suit la saillie.
Elle peut aussi être provoquée :
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par un mâle vasectomisé,
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ou par stimulation artificielle avec coton‑tige (plusieurs fois 10 secondes, à 5 ou 10 minutes d’intervalle).
S’il y a succès, il y aura un retournement agressif de la femelle.
Après la saillie
Si la saillie a été féconde, il ne reste plus qu’à attendre la naissance, 9 semaines plus tard (à une semaine près), de nombreux chatons qui ne pourront qu’être magnifiques.
© Texte élaboré par Mr Jean Desnos