La Croissance d’un Chaton

En dehors des règles simples de progression du poids du chaton évoquées ci‑dessus, une surveillance quotidienne du poids paraît indispensable, à double titre : d’abord pour surveiller l’évolution de la structure (phénotype) du chaton, de son état de santé, de son attitude comportementale, et lui assurer une bonne socialisation. Cette période est très enrichissante pour l’éleveur : connaissance de l’évolution morphologique, de la qualité du chaton et souvent réactions affectives du chaton vis‑à‑vis de son naisseur.

Les Courbes de Croissance

Le critère d’appréciation le plus important de la bonne croissance d’un chaton reste la prise de poids quotidienne, non pas en valeur absolue (le chaton a pris 10 g) mais en valeur relative, par rapport au poids de son corps la veille, exprimée en pourcentage.

Ainsi :

  • un chaton de 70 g qui prend 10 g a augmenté son poids de : 10/70=14,28%

  • un chaton de 100 g qui prend 10 g n’a augmenté son poids que de : 10/100=10%

C’est cet Indice de Croissance Quotidien (I.C.Q.) qui semble primordial, car il permet chaque jour de voir l’I.C.Q. de chaque chaton d’une même portée et de moduler éventuellement des apports complémentaires en fonction des besoins de chacun. Ces apports complémentaires concernent, éventuellement un jour un chaton, l’autre jour un autre chaton, en fonction de l’évolution de son I.C.Q.

Cette pesée journalière, si possible à la même heure, permet en outre de constater la tonicité et la vivacité d’un chaton, critères d’une bonne santé. Une surveillance particulière devra s’exercer avant et après toute vermifugation ou vaccination, celles‑ci pouvant s’accompagner, outre l’infléchissement habituel de la courbe pondérale, d’une chute brutale du poids (pouvant atteindre plus de 10 %) en 24 heures, en dehors de toute pathologie constatée.

Cette contrainte de pesée quotidienne est très astreignante ; aussi la majorité des élevages avec plusieurs portées se contentent, conformément aux recherches effectuées à l’ENVA (cf. Séminaire SFF « Le Chaton et son élevage », mars 2002), d’évaluer l’Indice de Croissance Hebdomadaire (I.C.H.), qui est une bonne approche (Dr G. Blanchard, Le sevrage du chaton, Séminaire SFF « La nutrition du chat », mars 1998).

En règle générale :

  • pendant le premier mois, la croissance des mâles et des femelles est identique,

  • au bout de 30 jours, le poids de naissance (Po) est multiplié par 4 ou 4,5,

  • mais pour les Po les plus légers : Po × 6 ou 7,

  • et pour les Po les plus lourds : Po × 3 ou 4,

  • dès la 4ᵉ semaine, le G.M.Q. (gain moyen quotidien) va baisser progressivement,

  • à 8 semaines, le poids noté à 4 semaines est, en moyenne, multiplié par 2,

    • les plus légers ont augmenté leur poids de 115 %,

    • les plus lourds de 90 %. (Dr G. Blanchard)

L’évolution Psycho‑physiologique du Chaton

Lors de sa naissance, le chaton est aveugle, sourd, et dépend totalement de sa mère. Il ne peut que miauler, sentir, manger et dormir profondément. Son système nerveux est immature et va se développer surtout pendant les 5 premières semaines, stimulé par son environnement.

« Au cours de cette période, une petite quantité d’expériences déterminantes va produire des effets ou des dommages majeurs sur le comportement ultérieur. » (Dr S. Castex, Le chat domestique, SFF n°32, 02‑2002, p.73)

À 3 semaines, le chaton commence à quitter le nid maternel et à explorer son environnement : il va commencer à apprendre à laper dans une écuelle dès la 4ᵉ semaine, essentiellement des croquettes mouillées au lait de chatte reconstitué.

Cette période de sevrage est très délicate : le chaton doit apprendre :

  • à faire ses besoins seul (nécessité de litières à accès aisé, bords bas),

  • à manger dans une écuelle,

  • à s’orienter,

  • à surmonter les obstacles,

le tout dans un contexte de baisse naturelle des défenses immunitaires et de stress de découverte. Cette période nécessite une surveillance pondérale rigoureuse et quotidienne, avec éventuellement supplémentation alimentaire. (Dr G. Blanchard, Le Sevrage, SFF, séminaire 03‑98, p.64)

La période de socialisation

La période où les premiers liens sociaux se forment est précoce :

  • débute vers le 15ᵉ jour,

  • s’achève vers la 8ᵉ ou 9ᵉ semaine (au‑delà, la socialisation est très aléatoire),

  • période sensible : 4ᵉ à 5ᵉ semaine.

Elle dépend :

  • de la fréquence et de la durée des manipulations,

  • si possible par des adultes et des enfants (considérés comme deux espèces différentes par le chaton),

  • de la sociabilisation préalable de la mère,

  • des émotions ressenties par le chaton. (Dr R. Pavageau, SFF n°24, 01‑98)

La maturation des sens du chaton

(d’après le Dr S. Castex)

L’olfaction

  • de 0 à 21 jours : mûrissement des capacités olfactives,

  • de 0 à 10 jours : le chaton se déplace en rampant et se dirige à l’odorat,

  • dès le 3ᵉ jour : il choisit sa mamelle et la retrouve à l’odorat.

L’ouïe

  • à la naissance : conduits auditifs fermés,

  • du 9ᵉ au 17ᵉ jour : ouverture progressive du conduit auditif externe,

  • dès le 5ᵉ jour : réaction au son (sursaut, contraction des paupières),

  • au 12ᵉ jour : orientation de la tête vers le bruit,

  • du 13ᵉ au 17ᵉ jour : déplacement vers le bruit,

  • au 20ᵉ jour : distinction entre sons connus et inconnus.

La vue

  • paupières fermées à la naissance, mais perception de la lumière dès le 4ᵉ jour,

  • ouverture des paupières entre le 7ᵉ et le 10ᵉ jour (extrêmes : 2ᵉ et 16ᵉ jours),

  • 11ᵉ jour : tourne la tête vers un objet en mouvement,

  • 14ᵉ jour : localise sa mère, évite les obstacles.

 

© Texte élaboré par Mr Jean Desnos