Le Chat : comportement, territoire et vie sociale

Un être vivant, pas un jouet

Le chat n’est pas un jouet en peluche mais un être vivant, avec ses qualités et ses défauts, avec des sentiments et des ressentiments. Il est doté de mémoire et son espérance de vie est assez longue : de 10 à 20 ans.

Contrairement à certaines idées reçues, le chat est plus attaché aux humains qu’à sa maison, à condition bien sûr qu’on lui témoigne un peu d’attention.

Si on le caresse près de son écuelle, le chat se mettra à manger, manifestant ainsi son contentement. Très possessif, il peut être jaloux. Contrarié, il peut se mettre à bouder ou être sale par esprit de vengeance.

La main humaine : jamais pour frapper

La main des humains ne doit apporter que :

  • caresses,

  • nourriture,

  • soins (bains, toilettage).

Jamais elle ne doit frapper.

C’est par la voix que l’on doit sanctionner ses erreurs de comportement : la « grosse voix » est très bien comprise par le chat.

N’oubliez pas que souvent, c’est votre attitude vis‑à‑vis de lui qui dictera ses propres réactions. S’il devient sale ou agressif, il doit avoir ses raisons.

Un animal casanier et sensible au stress

Le chat est casanier de nature ; il n’apprécie guère les changements, ni de lieu, ni d’habitude.

L’arrivée sur son territoire :

  • de personnes étrangères,

  • d’enfants remuants ou bruyants qui veulent à tout prix le « caresser »,

va le stresser : il va donc soit fuir pour se cacher, soit manifester sa peur par de l’agressivité.

Par contre, s’il vit chaque jour au milieu du bruit et de l’agitation, il saura s’en accommoder.

Le contact physique : un besoin de sécurité

Certains chats aiment le contact direct avec les humains, sur leurs genoux ou sur leurs épaules (mais pas toujours). Dans tous les cas, ils ont besoin de se sentir en sécurité.

Souvent, comme contre le ventre de leur maman, ils pietinent comme pendant la tétée, en sortant un peu les griffes — ce qui n’est pas très agréable. En fait, ils vous manifestent leur totale confiance.

Ce n’est donc pas le moment de les rejeter brutalement : ils ne comprendraient pas et pourraient vous en tenir rigueur pendant longtemps.

 

Les odeurs : un langage invisible

Très sensible aux odeurs, celles d’autres chats déposées sur vos jambes ou sur vous‑même peuvent amener des réactions inattendues :

  • intérêt (odeur de femelle),

  • crainte ou agressivité (odeur de mâle).

L’humain devient alors une sorte de « facteur », porteur de messages olfactifs.

Le dialogue avec le chat

S’il vous parle en miaulant, écoutez‑le, essayez de le comprendre et répondez‑lui. Il n’aime pas que l’on refuse le dialogue.

Le chat comprend le parler des humains ; nous devons essayer de comprendre le parler de nos chats.

Un chat n’est vraiment pas un jouet en peluche…

 

La notion de territoire

(Dr R. Pavageau)

La notion de territoire a été définie par Heymer en 1977 : c’est la surface comprise à l’intérieur du domaine vital du chat, délimitée par des « marques » et défendue envers les congénères.

En 1979, Waser et Wiley définissent trois champs territoriaux, portions d’espace dotées d’une fonction comportementale précise :

1. Champs d’activité

Jeu, prise de nourriture. Le chat y est en général tolérant envers ses congénères.

2. Champs d’isolement

Souvent en hauteur, réservés au toilettage et à la sieste. L’accès peut être toléré, après accord du « titulaire » selon un rituel d’entrée.

3. Champs d’agression

Dépendent de l’état émotionnel et physiologique du chat, qui peut être ou non tolérant.

Ces champs sont reliés entre eux par des zones de passage.

Les marquages territoriaux

Marquage visuel

  • griffage,

  • spray d’urine.

Marquage olfactif

Sécrétions provenant :

  • des glandes des coussinets plantaires,

  • des jets d’urine,

  • des sécrétions des sacs anaux,

  • des glandes apocrines de la face, des oreilles, du cou, du dos.

Ces marquages renseignent le visiteur sur :

  • le sexe,

  • l’âge,

  • l’activité sexuelle

de celui qui a marqué son territoire, lui permettant de respecter un rituel d’entrée. Tout chat vit dans un territoire qu’il a reconnu et où il se sent à l’aise et chez lui.

À l’intérieur d’une maison

Dès son arrivée dans une nouvelle maison, le chat doit être placé dans LA pièce que vous lui avez choisie comme lieu de vie, avec :

  • son coin repas,

  • son coin repos,

  • et, placé à l’écart, son coin litière.

Votre chaton doit rester quelques jours (2 à 3 jours) confiné dans ce lieu qui va devenir son territoire ; c’est là qu’il va se sentir chez lui et en sécurité, surtout quand vous n’êtes pas là.

Ce n’est qu’après ce petit stage qu’il doit avoir le droit, en votre présence, de circuler ailleurs.

Si cette procédure n’est pas respectée, votre chaton risque de se définir tout seul un ou des territoires dans des endroits qui risquent de ne pas vous convenir du tout, en se choisissant par exemple un coin litière.

Sachez que, quels que soient les nettoyages et le temps écoulé, le chat ira toujours renifler l’endroit qui a servi de toilettes à lui ou à un autre chat.

À l’extérieur

Ce sera sans doute, pour le chat, la source de beaucoup d’émotions et pour vous la cause de bien des tracas :

  • fugues spontanées ou provoquées, pouvant durer plusieurs mois,

  • blessures (oreilles, pattes, queue),

  • accidents (chutes, écrasement, noyade),

  • maladies (coryza, diarrhée, leucose),

  • parasitoses (vers, puces, teigne),

  • empoisonnements…

L’inimaginable étant toujours possible.

Pour nous, l’extérieur est souhaitable, mais uniquement en enclos type volière.

La vie en groupe

Ce n’est qu’entre la 2ᵉ et la 7ᵉ semaine que le chaton prend conscience :

  • de son appartenance à l’espèce CHAT,

  • et de l’appartenance de l’homme à l’espèce humaine.

L’acceptation de l’homme est liée aux manipulations qu’il a subies, à raison de 15 à 40 minutes par jour :

« Plus on manipule, plus tôt on le fait, plus le chaton sera familier, amical et attaché aux gens. La manipulation accélère la maturation du système nerveux central, entraîne un développement physique plus rapide, rend le chaton moins émotif, donc plus résistant au stress. » (Dr S. Castex)

Entre la 6ᵉ et la 8ᵉ semaine se situe la période de socialisation du chaton, avec mise en évidence de comportements plus héréditaires que liés à l’éducation.

C’est à ce moment qu’il apprend la vie en société avec :

  • les autres chats,

  • les autres espèces animales,

  • et qu’il met en place son attachement à l’homme.

 

© Textes élaborés par Mr Jean Desnos