Virus et Vaccination

Les bases de la vaccination

C’est Pasteur qui obtint l’immunisation contre une maladie par l’inoculation de produits pathologiques de la même maladie. À partir de ses travaux, on multiplia les vaccins contre un certain nombre de virus en utilisant :

  • le virus vaccinal vivant (variole),

  • le virus vivant atténué (vaccin Sabin contre la polio),

  • le virus tué (vaccin Lépine contre la polio).

Il existe donc de nombreuses méthodes pour obtenir un vaccin efficace à partir de virus tués ou modifiés. Cette efficacité se mesure à la réponse immunitaire du sujet vacciné, qui se traduit par la formation d’anticorps. Un taux d’anticorps élevé contre un type de virus implique une protection efficace contre ce virus.

Une vaccination n’est jamais un acte anodin

Selon le Dr Hochet‑Nguyen (Séminaire SFF, mars 2002), une vaccination, même routinière, reste un acte médical comportant des risques :

  • fièvre,

  • choc anaphylactique,

  • maladies auto‑immunes,

  • virulence résiduelle de certains vaccins vivants atténués,

  • fibrosarcomes vaccino‑induits (localement).

Dans tous les cas, une surveillance quotidienne du poids du chaton est indispensable quelques jours avant et après toute vaccination (des pertes de poids importantes sont possibles).

Virulence résiduelle et portage viral

Cette « virulence résiduelle » peut transformer un chaton en porteur du virus dont on voulait le protéger. Le virus peut rester « calme » (porteur sain) ou devenir brutalement virulent, par exemple à la suite d’un stress.

Ce risque est particulièrement courant avec le coryza félin : des chats correctement vaccinés peuvent tousser, éternuer, avoir les yeux larmoyants, des sinusites, voire des troubles gynécologiques induits mais non visibles.

La vaccination : une obligation annuelle en France

Malgré quelques aléas, le bénéfice reste certain. Le rythme vaccinal varie selon les législations nationales.

Primo‑vaccination Typhus‑Coryza

  • 6 semaines (D et USA)

  • ou 12 semaines (DK)

Schémas :

  • USA : 4 injections

  • CH : 2 injections séparées de 3 semaines

  • France / Italie : 2 injections séparées de 4 semaines

  • D / DK : 2 injections séparées de 5 semaines

Le vaccin rage est valable :

  • 3 ans aux USA,

  • 365 jours en France (attention : pas 366).

Dosage des anticorps

Après un vaccin Typhus‑Coryza, le taux d’anticorps reste suffisant 5 à 6 ans après la vaccination (SCOTT et GEISSINGER 1990 et 1997, SFF n°32 p.148).

Calendrier des vaccinations (France)

(Dr S. Hochet‑Nguyen)

Typhus et Coryza

  • 1ʳᵉ injection : entre 9 et 12 semaines

  • 2ᵉ injection : entre 12 et 15 semaines

  • rappel : tous les ans

Si le contexte épidémiologique le recommande : vaccination des chatons dès la 6ᵉ semaine, rappel toutes les 3 semaines, association possible avec le vaccin contre la chlamydiose.

Chlamydiose

  • selon le contexte épidémiologique

Leucose

Pour les chatons risquant d’être en contact avec :

  • des chats porteurs du virus,

  • et pour les saillies chez l’adulte.

Schéma :

  • 1ʳᵉ injection : à partir de 9 semaines

  • rappel : 2 à 4 semaines plus tard

  • puis rappel annuel

Vaccination contre la rage (France)

Très encadrée par la loi.

  • nécessaire dans les départements sensibles et pour voyager à l’étranger

  • primo‑vaccination : à partir du 3ᵉ mois révolu

    • valable au bout de 30 jours

    • valable 365 jours

    • certificat réglementaire rose

  • revaccination : un peu avant le 365ᵉ jour

    • certificat réglementaire bleu

  • revaccination après le 365ᵉ jour : nouvelle primo‑vaccination (certificat rose) valable seulement 30 jours après.

NB : les dates de validité sont inscrites en clair sur le certificat ; aucune dérogation possible lors d’un contrôle.

Vaccin contre la PIF (Péritonite Infectieuse Féline)

Le Primucell (laboratoires Pfizer) n’est pas disponible en France. Ce vaccin, d’innocuité reconnue, développé à partir d’un sérotype sauvage (FIPV‑DF2), ne protège pas contre le FIPV de type I.

La vaccination ne doit se pratiquer que sur un chaton :

  • de plus de 16 semaines,

  • séronégatif,

  • en 2 inoculations intranasales à 3 ou 4 semaines d’intervalle (Dr B. Le Corre, SFF n°31, déc. 2001, p.49‑50).